Archives pour la catégorie Commun en concept(s)

Un déboîtement radical

[Ce texte correspond à l’introduction de mon livre « Le travail du commun », à paraître début 2016] L’engagement pour le commun signe un nouvel élan démocratique dans un contexte de très forte fermeture institutionnelle et politique. Il rouvre une espérance. Il marque le refus de se laisser déposséder de nos espoirs et de nos aspirations tant par une gestion étatique lourdement bureaucratisée, que par le fonctionnement arbitraire et inégalitaire du marché. Continuer la lecture de Un déboîtement radical

Un travail situé, un travail continué

[Ce texte correspond à la conclusion de mon livre « Le travail du commun », à paraître début 2016]. Le travail du commun est un travail situé et un travail continué. Il est situé car un « commun » est conçu et construit par une communauté de personnes concernées qui s’engagent à produire et à administrer une ressource en tant que ressource commune, qui restera donc conséquemment l’affaire de tou-te-s tout en veillant à toujours intéresser chacun. Continuer la lecture de Un travail situé, un travail continué

Arts de faire commun (construction d’un commun / constitution du commun)

La constitution du « commun » et la construction de « communs » sont des questions politiques dès à présent largement ouvertes. La recherche d’alternatives à l’emprise du marché et de l’État est au cœur des mobilisations contemporaines, que ce soit, par exemple, lors du mouvement des occupations en 2011 (Occupy Wall street) ou dans la dynamique du mouvement Podemos en Espagne. Ces questions sont posées de manière éminemment concrète, tout en intégrant de très fortes ambitions politiques. Elles se formulent de manière globale à l’occasion des mouvements sociaux mais pareillement de manière située, à l’échelle et à la mesure de nombreuses expérimentations sociales. Continuer la lecture de Arts de faire commun (construction d’un commun / constitution du commun)

Vers une épistémopolitique du commun

Par « travail du commun », j’entends la nécessité de traiter en commun les affaires communes de la cité et donc de co-produire (coopération, collégialité) le commun qui nous est indispensable pour vivre et produire ensemble. Cette question s’adresse à tous les acteurs de la société et elle « éprouve » chacune de nos pratiques ; nul ne peut se défausser. Le chercheur en sciences sociales, comme n’importe qui d’autre, est exposé à cet enjeu et ne peut qu’en relever le défi, tant sur un plan méthodologique (Comment fabriquer la science sociale afin qu’elle apporte sa contribution à la fabrication d’un commun?) que sur un plan épistémopolitique (Dans quelle politique du savoir s’engage la science sociale dès lors qu’elle assume sa contribution au commun?). Continuer la lecture de Vers une épistémopolitique du commun

Commun oppositionnel

Cette lecture du commun en tant que « commun oppositionnel » apparaît depuis peu dans mon travail ; elle trouve son origine dans la contribution à deux séminaires, d’abord, le vendredi 27 février 2015, au séminaire « Les Communs, l’État et le marché comme système » organisé au CERSA (Centre d’Études et de Recherches de Sciences Administratives et Politiques) par Danielle Bourcier, Gilles Hériard Dubreuil et Sylvain Lavelle, et, ensuite, le 15 avril dans le cadre du séminaire « Le commun entre travail et institutions » (en lien avec le séminaire « Capitalisme cognitif » et le projet européen D-Dent) animé par Carlo Vercellone et Gérard Doublet. Lors de ce séminaire, je suis intervenu de concert avec Toni Negri. Continuer la lecture de Commun oppositionnel

Le travail du commun : un mot/notion encore et toujours à l’épreuve

En proposant la notion de « travail du commun », j’ai conscience de tenter un coup théorico-politique (un geste, dirait Yves Citton [1]), un coup à au moins deux bandes : d’une part en opérant, grâce à ce terme, un déplacement ou une bifurcation de sens en jouant sur la capacité d’un mot / d’une notion à introduire de nouvelles perspectives d’intellection et de signification ; d’autre part en mettant en résonance ce terme / cette notion avec d’autres, plus ou moins en affinité, afin d’esquisser, et peut-être de composer, une nouvelle petite musicalité politico-intellectuelle. Continuer la lecture de Le travail du commun : un mot/notion encore et toujours à l’épreuve

L’exigence de communs, la passion du commun – lectures de Toni Negri et de Hardt & Negri (1)

« De même que le boulanger fait du pain, que le tisserand tisse ou que le meunier moud son grain, l’homme du commun « commune », c’est-à-dire produit du commun. L’homme du commun est donc une personne ordinaire qui s’acquitte d’une tâche extraordinaire : ouvrir la propriété privée à l’accès et au bénéfice de tous ; transformer la propriété publique contrôlée par l’État en commun ; et, dans chaque cas de figure, découvrir des mécanismes permettant d’administrer, de développer et de soutenir la richesse commune à travers la participation démocratique. […] L’action de « communer » doit être orientée non seulement vers l’accès à la richesse partagée et son autogestion, mais aussi vers la construction de différentes formes d’organisation politique ». Michael Hardt & Antonio Negri, Déclaration (Ceci n’est pas un manifeste), Raisons d’agir, 2013, p. 129-130. Continuer la lecture de L’exigence de communs, la passion du commun – lectures de Toni Negri et de Hardt & Negri (1)