Tous les articles par Pascal NICOLAS-LE STRAT

Un déboîtement radical

[Ce texte correspond à l’introduction de mon livre « Le travail du commun », à paraître début 2016] L’engagement pour le commun signe un nouvel élan démocratique dans un contexte de très forte fermeture institutionnelle et politique. Il rouvre une espérance. Il marque le refus de se laisser déposséder de nos espoirs et de nos aspirations tant par une gestion étatique lourdement bureaucratisée, que par le fonctionnement arbitraire et inégalitaire du marché. Continuer la lecture de Un déboîtement radical

Un travail situé, un travail continué

[Ce texte correspond à la conclusion de mon livre « Le travail du commun », à paraître début 2016]. Le travail du commun est un travail situé et un travail continué. Il est situé car un « commun » est conçu et construit par une communauté de personnes concernées qui s’engagent à produire et à administrer une ressource en tant que ressource commune, qui restera donc conséquemment l’affaire de tou-te-s tout en veillant à toujours intéresser chacun. Continuer la lecture de Un travail situé, un travail continué

Entre « travail du social » et « travail du commun »

Si je retrace la courte généalogie de ma recherche sur le travail du commun, je pense que le choix d’aborder le « commun » sous l’angle d’un agir (agir le commun, travailler le commun) tient à la rencontre de recherche que j’ai faite avec la notion de travail du social, avec cet « atelier permanent du social » ou, encore, avec le « social en actes » ainsi que les désigne Michel Chauvière. Continuer la lecture de Entre « travail du social » et « travail du commun »

Arts de faire commun (construction d’un commun / constitution du commun)

La constitution du « commun » et la construction de « communs » sont des questions politiques dès à présent largement ouvertes. La recherche d’alternatives à l’emprise du marché et de l’État est au cœur des mobilisations contemporaines, que ce soit, par exemple, lors du mouvement des occupations en 2011 (Occupy Wall street) ou dans la dynamique du mouvement Podemos en Espagne. Ces questions sont posées de manière éminemment concrète, tout en intégrant de très fortes ambitions politiques. Elles se formulent de manière globale à l’occasion des mouvements sociaux mais pareillement de manière située, à l’échelle et à la mesure de nombreuses expérimentations sociales. Continuer la lecture de Arts de faire commun (construction d’un commun / constitution du commun)

Une politique de la co-création

« Pour vraiment connaître une paire de lacets, il vous faut faire l’expérience de les attacher, et cette expérience nous est commune, même si nous l’inscrivons dans une optique différente selon que nous sommes marcheur ou savetier », Matthew B. Crawford, Éloge du carburateur (Essai sur le sens et la valeur du travail), La Découverte, 2010, p. 188. Continuer la lecture de Une politique de la co-création

« Travail d’institution » et capacitation du commun

La société se crée et se recrée continûment. Ce constat peut être posé à l’échelle globale. Les mouvements sociaux, les révoltes et les révolutions sont les analyseurs / révélateurs de ce pouvoir d’une société à repenser et à transformer son architecture institutionnelle et ses conditions de fonctionnement. Ce constat peut pareillement être formulé à une échelle micro, à l’échelle de fonctionnement de chacun de nos collectifs de vie et d’activité. Cette aptitude à ré-instituer l’existant – ce travail d’institution – est centrale dans tout projet de transformation sociale. Il est au cœur de mon approche du commun [1]. Le travail du commun suppose ce travail d’institution. Continuer la lecture de « Travail d’institution » et capacitation du commun

Vers une épistémopolitique du commun

Par « travail du commun », j’entends la nécessité de traiter en commun les affaires communes de la cité et donc de co-produire (coopération, collégialité) le commun qui nous est indispensable pour vivre et produire ensemble. Cette question s’adresse à tous les acteurs de la société et elle « éprouve » chacune de nos pratiques ; nul ne peut se défausser. Le chercheur en sciences sociales, comme n’importe qui d’autre, est exposé à cet enjeu et ne peut qu’en relever le défi, tant sur un plan méthodologique (Comment fabriquer la science sociale afin qu’elle apporte sa contribution à la fabrication d’un commun?) que sur un plan épistémopolitique (Dans quelle politique du savoir s’engage la science sociale dès lors qu’elle assume sa contribution au commun?). Continuer la lecture de Vers une épistémopolitique du commun

En quête, en conquête d’une autonomie – entre « Do It Yourself » et « Do It Together »

« Ce qui était bien, c’est que nous n’avions pas la moindre idée de comment tout cela fonctionnait. Comme nous n’avions pas peur non plus, nous pouvions briser les règles établies » [Jürgen Teipel, « Dilapide ta jeunesse (Un roman-documentaire sur le punk et la new wave allemands) », Allia, 2010, p. 181] Continuer la lecture de En quête, en conquête d’une autonomie – entre « Do It Yourself » et « Do It Together »

Commun oppositionnel

Cette lecture du commun en tant que « commun oppositionnel » apparaît depuis peu dans mon travail ; elle trouve son origine dans la contribution à deux séminaires, d’abord, le vendredi 27 février 2015, au séminaire « Les Communs, l’État et le marché comme système » organisé au CERSA (Centre d’Études et de Recherches de Sciences Administratives et Politiques) par Danielle Bourcier, Gilles Hériard Dubreuil et Sylvain Lavelle, et, ensuite, le 15 avril dans le cadre du séminaire « Le commun entre travail et institutions » (en lien avec le séminaire « Capitalisme cognitif » et le projet européen D-Dent) animé par Carlo Vercellone et Gérard Doublet. Lors de ce séminaire, je suis intervenu de concert avec Toni Negri. Continuer la lecture de Commun oppositionnel

Fauteurs d’histoire(s). À propos de « Constellations (Trajectoires révolutionnaires du jeune 21e siècle) » du collectif Mauvaise Troupe

« Ces histoires se composent à plusieurs, dans un commun qui ne se veut pas homogénéisation des êtres, mais création de mondes dans lesquels se vivent tensions et conflits, rencontres et transmissions. Cela amplifié d’une volonté inébranlable de penser des chemins possibles, des voies au travers du monde dont nous sommes issus. Un commun qui se dessine en dépendance désirée aux êtres et aux choses », Collectif Mauvaise Troupe, Constellations (Trajectoires révolutionnaires du jeune 21e siècle), éd. de l’éclat, 2014, p. 80. Continuer la lecture de Fauteurs d’histoire(s). À propos de « Constellations (Trajectoires révolutionnaires du jeune 21e siècle) » du collectif Mauvaise Troupe